La complainte de l'égocentrique
Alors que je me lèves, j'entraperçois mon reflet dans l'un des miroir de ma chambre.
"Hum, salut beau gosse !"
Je m'extirpe de mon lit, fais mes 50 abdos et 15 pompes comme tous les matins et puis m'en vais prendre ma douche.
Pour les soins du corps, je reste sobre. Après m'être lavé avec un savon spécial qui respecte mon pH intime (moi j'adore cette pub, je trouve ça marrrant le pH intime), je me rase avec une mousse sans odeur, applique un soin qui respecte ma peau puis me parfume à l'Hugo Boss, parce que c'est clair, le boss, c'est moi.
Je mets ma serviette autour de la taille, suffisament taille basse pour qu'une éventuelle voisine qui regarderait par sa fenêtre puisse suivre le chemin du bonheur (expression qu'un rugbyman toulousain m'a apprise : les 'tis poils qui descendent jusqu'au ... c'est le chemin du bonheur) et imaginer des tas de choses.
Je m'habille tout en pensant qu'en effet mes voisines doivent m'adorer : tous les matins je leur offre ce même spectacle. C'est rare qu'un mec comme moi soit aussi altruiste.
Maintenant que je suis fringué, il est midi. Comment ? Mes études ? Oh j'ai laissé tombé, c'était trop facile, trop basique. Et puis kiné, y'en a trop. (petits esprits susceptibles, je vous précise que c'est de l'ironie)
Mais je me rends compte que je ne me suis pas présenté : je m'appelle Damien (en hommage au seul commentaire masculin qui ai laissé son prénom, commentaire des plus charmant, je dois dire, et d'une vérité alarmante, cher damien si tu lis cet article et si t'embrasses aussi bien que tu complimentes, on va bien s'entendre... mdr),
19 ans, bien foutu, bien gaulé, plutôt beau mec, super sympa et toujours souriant, j'ai un charme fou et collectionne les aventures. Mais bien entendu je n'ai pas encore trouvé chaussure à mon pied et je recherche une jeune fille qui pourrait m'aider à entreprendre une relation sérieuse.
Mes critères ? Belle bien sur, mensurations : 1m65 minimum pour 45kg, 90B, plutôt blonde yeux bleus mais j'apprécie aussi le coktail brune yeux verts. Dispo 6 nuits/7 (la dernière je la passe avec mes potes autour d'une bière) pour pouvoir satisfaire mon appétit insatiable. Moui je suis une bête vous pouvez le dire.
J'arrive en ville, voilà mes potes :
"Salut ! Je vais bien ! Salut ! Je vais bien !"
Je leur dit ça comme ça je sais qu'ils passeront une bonne journée, ils sont rassurés de mon état de santé et ne peuvent donc que s'en porter mieux. Aujourd'hui je vais faire les magasins. Mais je n'achèterai rien parce que rien ne me va. J'ai une coupe bien trop parfaite, je dois tout commander aux States.
L'autre fois je me suis rendu compte du malheur des autres : ils ne sont pas moi. J'ai alors essayé de me mettre à leur place, d'être commun.
Muy difficil je dirai (moui je suis quadrilingue : français, espagnol, anglais et je parle aussi courament le "femme") mais j'ai compris. J'ai compris à quel point leur vie était grise, maussade et banal. Le matin ils ne peuvent défiler pour leurs voisines, ils ne peuvent se féliciter ils sont dans l'obligation d'être fondu dans la masse. Sans parler de ceux qui perdent leur temps à faire des études.
Quel gachis! Heureusement que je suis là pour illuminer leur journée. Comment le monde tournait sans moi avant? Je me le demande!
Savez vous que tous les jours mes parents remercient le ciel de m'avoir mis sur leur route?
Mais je dois dire que la perfection n'est pas facile à porter, voir les défauts des autres tout le temps...
Par moment, je les envie, c'est étres imparfaits qui ignorent ce que l'on ressent quand on est moi...
Bref, toi qui lis ces lignes, si tu es un homme, ne soit pas jaloux, toi aussi tu seras heureux, moins que moi bien sur, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie, il n'y a que moi qui en a le droit.
Je vous embrasse...Non ne me remerciez pas ...